Emmanuelle Mary, fondatrice de Reprazent, m'a invité au micro de Sur la guestlist pour parler marque personnelle. J'ai dit oui tout de suite, et pas seulement par sympathie pour le projet. Le sujet me tient à cœur depuis longtemps, et pour une fois j'avais l'occasion d'en parler en duo avec Eve Gimenez, qui s'est chargée du volet relations presse. Deux angles d'attaque, une seule conversation.
Personal branding et presse, je n'arrive plus à les penser séparément
Pendant longtemps, on m'a vendu LinkedIn comme un canal isolé. Une stratégie éditoriale, un calendrier, des posts. Soit. Mais sur le terrain, je vois bien que le contenu d'autorité sur les réseaux et la presse ne marchent pas l'un sans l'autre. La presse pose les jalons (un portrait dans Les Échos, une tribune, une interview) et donne ce substrat de crédibilité que LinkedIn ne fabriquera jamais seul. Le contenu social, lui, prolonge la conversation. Il fait vivre les idées, il garde la chaleur entre deux passages presse, il prépare le suivant. C'est un aller-retour, pas un parallélisme.
Le personal branding de coach, ce n'est pas le même métier que celui d'un dirigeant
Il y a un truc qui me rend fou dans la façon dont le sujet est traité publiquement : on confond deux pratiques qui n'ont quasiment rien à voir. Le personal branding de coach est très B2C, énergique, émotionnel, parfois performatif. Ça fonctionne, sur ce terrain. Mais le dirigeant de PME ou d'ETI qui essaie d'imiter ces codes se grille en six mois. Lui, son terrain de jeu c'est la crédibilité, la notoriété, le long terme. Il ne cherche pas à fédérer une audience massive, il cherche à se rendre lisible auprès de ses pairs, de ses clients, de ses investisseurs, parfois de ses futurs collaborateurs. Pas la même mécanique, pas le même tempo, pas le même style.
Mon image préférée pour expliquer ce qu'on fait : un paquet cadeau
Quand on me demande à quoi je sers concrètement quand j'accompagne un dirigeant sur sa marque personnelle, j'utilise toujours la même image. Le contenu sur les réseaux, c'est le paquet cadeau. Ce qu'il y a dedans, c'est l'expertise du dirigeant : ses convictions, sa méthode, ses décisions, ses résultats. Si le contenu du paquet est faible (un produit moyen, une expertise floue, des positions tièdes), aucun emballage ne sauvera la chose. Avec un produit solide derrière, en revanche, l'emballage devient un vrai levier. De crédibilité, de notoriété, de visibilité, et donc de business.
Le cas qui m'a marqué : Olivier Bas, vice-président d'Havas Paris
On en parle dans l'épisode. Quand j'accompagne quelqu'un comme Olivier, je ne pars pas d'une feuille blanche. Je pars d'un dirigeant qui a déjà tout en lui : trente ans d'observation, des intuitions affûtées, des prises de position fortes. Mon job, c'est l'extraction. Tirer le fil, traduire ce qui est implicite en prises de parole tenables sur la durée. Un travail d'orfèvre, lent, exigeant, à des années-lumière du content marketing industriel à base de templates et de sujets génériques.
Pourquoi je fais ce métier comme ça
Tout part d'une conviction simple : ce qui est bon doit être rendu visible. Pas l'inverse. Je ne crois pas au marketing qui essaie de faire briller un produit qui ne tient pas, ou un dirigeant qui n'a rien à dire. Mais je vois passer beaucoup de dirigeants brillants qui restent invisibles parce que le sujet leur échappe ou les fatigue. C'est pour eux que je fais ce métier. Si tu te reconnais, l'épisode devrait te parler.
Et si l'épisode te donne envie d'en discuter pour ta propre boîte, écris-moi, on en parle.
